Ce que les statistiques sur les pratiques culturelles et les analyses sociologiques ne peuvent exprimer sont les chemins parfois sinueux que nous empruntons pour rencontrer une chanson, un livre ou une pièce de théâtre.
Je n’ai jamais eu d’attirance pour la musique classique jusqu’à assez récemment. Et voilà qu’au moment où j’écris ces mots, les notes du Lac de Cygne résonnent dans ma tête, portés par deux films magnifiques qui, coïncidence, ont utilisé ce morceau : bien entendu, Des Hommes et des Dieux, et Black Swan. Bien que le film de Xavier Beauvois et celui de Darren Aronofsy soient très différents, dans les deux films l’image et la musique parviennent à faire corps pour donner naissance à une même force évocatrice. Elle exprime en quelques instants un tourbillon de sentiments, la foi, la résolution d’esprit, l’amour sans doute pour l’un, la cruauté de la victoire, la gloire et la souffrance pour l’autre, et une beauté dévastatrice dans les deux. Si la beauté est dans les yeux de celui qui la voit, il faut parfois l’aide de personnes tierces pour la discerner, et le truchement de deux films pour se laisser emporter par un morceau de musique.
Et j’étais en train de traîner sur le site de France Inter quand je suis tombée sur cette émission que je ne connaissais pas s’intitulant La tête au carré. Dans les archives, une émission sur le dodo, cette oiseau de l’ile Maurice aujourd’hui disparu. J’écoute. Je découvre un conteur, Yannick Jaulin. J’apprends qu’il présente en ce moment une pièce sur le dodo au Rond Point. Et je retrouve la joie et l’excitation d’acheter une place de théâtre et d’aller à la rencontre de comédiens sur scène. Au bout de trois mois, enfin !
Sur le chemin oscillant entre science, oiseau disparu et radio, je me retrouve à emprunter de vieux sentiers allant au théâtre. Je vous fais un rapport détaillé dés que la pièce sera vue. En attendant, n’oubliez pas d’écouter la radio et de voir les deux films cités, si ce n’est pas encore fait !
