(Première fois que je me rendais en ces lieux)
Dans cette adaptation du roman de Michel Quint, André Salzet, seul en scène, raconte comment enfant il détestait viscéralement les clowns. Malheureusement pour lui, son père, instituteur autrement respectable, adorait jouer le clown amateur. Pourtant piètre clown, il embarquait toutes les semaines son épouse plus résignée qu’enthousiaste et ses enfants l’accompagner dans ses représentations. Celles-ci couvraient de honte le personnage d’André Salzet enfant qui ne pouvait comprendre comment son père acceptait de se couvrir ainsi de ridicule. Jusqu’au jour où le cousin Gaston lui raconte d’où provient cette étrange manie de son père…
La pièce est ainsi en deux parties : la première sert en quelque sorte d’introduction au coeur de l’histoire, une aventure à la fois sensible et drôle pendant la Seconde Guerre Mondiale vécue par Gaston et André, le père. J’ai eu certaines difficultés à me laisser emporter par la première partie de la pièce. Il y avait un décalage perturbant avec ce discours trop littéraire, peut-être agréable dans un roman, mais qui sonnait faux dans la bouche d’un acteur assez rigide et guindé au début de la pièce. Mais la pièce prend son envol lorsqu’André Salzet devient Gaston et commencer à narrer dans une gouaille amusante ses péripéties avec André. Sans pouvoir en révéler plus au risque de gâcher la surprise de l’intrigue, l’histoire narrée par un André Salzet alors beaucoup plus convaincant est à la fois tendre et amusante. Sans en faire des tonnes, la pièce est porteuse d’un sympathique message sur l’humilité, le courage et dans une certaine mesure, le devoir de mémoire. C’est dommage que lors de cette représentation, la pièce qui possède un certain potentiel comique n’est pas vraiment parvenue à déclencher les rires, la faute sans doute au faible taux de remplissage de la salle (mais avec le texte et la conviction du comédien, je n’ai pas de difficultés à imaginer qu’ailleurs la pièce a pu faire rire davantage).
Au final, même si cette pièce n’est pas la pièce de l’année, j’en retiens à la fois une jolie histoire et surtout la sincérité palpable et l’enthousiasme d’un comédien (deux choses suffisament rares pour être relevées), qui a tenu après la représentation quelques mots sur la mise en scène et le texte.

“Nous n’irons pas à Avignon” est un festival né en 1999 dans le but de proposer une alternative au festival off d’Avignon et d’inventer une manifestation estivale en banlieue parisienne.
Depuis 13 ans, le festival change de peau et ouvre sa gueule. Tantôt belle, tantôt bête à poils, rires dedans et dents dehors. En mille mots comme en un, la Gare-valise nous mène toujours ailleurs.
La 13ème édition c’est du 6 AU 31 JUILLET 2011.
En 4 semaines, 16 compagnies, 80 spectacles !
Au programme : théâtre, danse, musique, jeune public, débats, propositions débridées par les compagnies…
Plus d’infos :
http://www.gareautheatre.com/spectacles_liste.php?type_requete=rendezvous&millesime=2011&rendezvous=nip