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	<title>Je suis encore vivant!</title>
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	<description>Impressions argumentées de spectatrice sur des pièces de théâtre à Paris et alentours</description>
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		<title>Du thé, un sourire et une chanson perdue</title>
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		<pubDate>Sat, 16 Jul 2011 11:10:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Moronao</dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#160; &#160; Les deux chevaux de Genghis Khan possède une intrigue simple &#8211; Urna, une chanteuse de la Mongolie intérieure, se rend en Mongolie extérieure pour exécuter la dernière volonté de sa grand-mère : retrouver les paroles d&#8217;une vieille chanson portant le titre du film. Mais ce documentaire narratif révèle bien des facettes : interrogation [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://jesuisencorevivant.com/wp-content/uploads/2011/07/MV5BMTQ3Mzk0NDY0Ml5BMl5BanBnXkFtZTcwMDg4MzEwMg@@._V1._SX640_SY428_.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-625" title="MV5BMTQ3Mzk0NDY0Ml5BMl5BanBnXkFtZTcwMDg4MzEwMg@@._V1._SX640_SY428_" src="http://jesuisencorevivant.com/wp-content/uploads/2011/07/MV5BMTQ3Mzk0NDY0Ml5BMl5BanBnXkFtZTcwMDg4MzEwMg@@._V1._SX640_SY428_.jpg" alt="" width="640" height="428" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Les deux chevaux de Genghis Khan</em> possède une intrigue simple &#8211; Urna, une chanteuse de la Mongolie intérieure, se rend en Mongolie extérieure pour exécuter la dernière volonté de sa grand-mère : retrouver les paroles d&#8217;une vieille chanson portant le titre du film. Mais ce documentaire narratif révèle bien des facettes : interrogation mélancolique sur la perte de son identité face aux remous historiques, hommage paisible à la sagesse des anciens, inquiétude face à une &#8220;modernisation&#8221; qui ne se préoccupe guère de ses conséquences&#8230; Mais au fil des images mon regard a été surtout capté par des petits détails : le silence d&#8217;Urna lorsqu&#8217;elle attend patiemment la réponse d&#8217;une ancienne à ses questions, son large sourire qui ne cesse d&#8217;illuminer son visage et l&#8217;humilité qui s&#8217;attache à chacun de ses pas, le thé qu&#8217;on sert invariablement aux visiteurs, les excuses qu&#8217;un luthier présente à la nature au moment de couper un sapin&#8230; Des petits gestes d&#8217;une simplicité confondante, mais qui traduisent autant de valeurs et d&#8217;attitudes qui sont devenues moins évidentes de ce côté-ci du monde : le respect, la chaleur et la simplicité. Le film nous rappelle, avec grâce et modestie, que la beauté est loin d&#8217;être uniforme : sublime dans un paysage de colines mongoles, discret dans le sourire d&#8217;une jeune femme et poignant dans les notes d&#8217;un chant ancestral.</p>
<p style="text-align: justify;">
En attendant de nouvelles notes sur le théâtre, je vous invite donc à découvrir ce film et la voix envoutante de la chanteuse Urna Chahar Tugchi, étrangement douce et puissante à la fois.</p>
<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://blogs.nationalgeographic.com/blogs/allroads/2010/03/a-look-inside-the-two-horses-o.html">Un article du National Geographic sur le film</a></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://youtu.be/TbfszHbEByk">Une chanson d&#8217;Urna (Youtube)</a></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://open.spotify.com/track/07IHy1gJ8wMkte9gFxO9pM">Une autre chanson d&#8217;Urna (Spotify)</a></p>
<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Effroyables jardins, de Michel Quint, mise en scène de Marcia De Castro, au Théâtre de Petit Saint Martin</title>
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		<pubDate>Thu, 12 May 2011 21:14:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Moronao</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ce qui a été vu]]></category>
		<category><![CDATA[andré salzet]]></category>
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		<description><![CDATA[(Première fois que je me rendais en ces lieux) &#160; &#160; Dans cette adaptation du roman de Michel Quint, André Salzet, seul en scène, raconte comment enfant il détestait viscéralement les clowns. Malheureusement pour lui, son père, instituteur autrement respectable, adorait jouer le clown amateur. Pourtant piètre clown, il embarquait toutes les semaines son épouse [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><em>(Première fois que je me rendais en ces lieux)</em></p>
<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://jesuisencorevivant.com/wp-content/uploads/2011/05/photo-1-ANDRE-SALZET-DANS-EFFROYABLES-JARDINS-Michel-Paret-libre-droits.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-608" title="photo 1 ANDRE SALZET DANS EFFROYABLES JARDINS Michel Paret libre droits" src="http://jesuisencorevivant.com/wp-content/uploads/2011/05/photo-1-ANDRE-SALZET-DANS-EFFROYABLES-JARDINS-Michel-Paret-libre-droits-200x300.jpg" alt="" width="200" height="300" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;">Dans cette adaptation du roman de Michel Quint, André Salzet, seul en scène, raconte comment enfant il détestait viscéralement les clowns. Malheureusement pour lui, son père, instituteur autrement respectable, adorait jouer le clown amateur. Pourtant piètre clown, il embarquait toutes les semaines son épouse plus résignée qu&#8217;enthousiaste et ses enfants l&#8217;accompagner dans ses représentations. Celles-ci couvraient de honte le personnage d&#8217;André Salzet enfant qui ne pouvait comprendre comment son père acceptait de se couvrir ainsi de ridicule. Jusqu&#8217;au jour où le cousin Gaston lui raconte d&#8217;où provient cette étrange manie de son père&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">La pièce est ainsi en deux parties : la première sert en quelque sorte d&#8217;introduction au coeur de l&#8217;histoire, une aventure à la fois sensible et drôle pendant la Seconde Guerre Mondiale vécue par Gaston et André, le père. J&#8217;ai eu certaines difficultés à me laisser emporter par la première partie de la pièce. Il y avait un décalage perturbant avec ce discours trop littéraire, peut-être agréable dans un roman, mais qui sonnait faux dans la bouche d&#8217;un acteur assez rigide et guindé au début de la pièce. Mais la pièce prend son envol lorsqu&#8217;André Salzet devient Gaston et commencer à narrer dans une gouaille amusante ses péripéties avec André. Sans pouvoir en révéler plus au risque de gâcher la surprise de l&#8217;intrigue, l&#8217;histoire narrée par un André Salzet alors beaucoup plus convaincant est à la fois tendre et amusante. Sans en faire des tonnes, la pièce est porteuse d&#8217;un sympathique message sur l&#8217;humilité, le courage et dans une certaine mesure, le devoir de mémoire. C&#8217;est dommage que lors de cette représentation, la pièce qui possède un certain potentiel comique n&#8217;est pas vraiment parvenue à déclencher les rires, la faute sans doute au faible taux de remplissage de la salle (mais avec le texte et la conviction du comédien, je n&#8217;ai pas de difficultés à imaginer qu&#8217;ailleurs la pièce a pu faire rire davantage).</p>
<p style="text-align: justify;">Au final, même si cette pièce n&#8217;est pas la pièce de l&#8217;année, j&#8217;en retiens à la fois une jolie histoire et surtout la sincérité palpable et l&#8217;enthousiasme d&#8217;un comédien (deux choses suffisament rares pour être relevées), qui a tenu après la représentation quelques mots sur la mise en scène et le texte.</p>
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		<title>Sombras, de Ricardo Pais, au Théâtre de la Ville</title>
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		<pubDate>Mon, 11 Apr 2011 23:53:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Moronao</dc:creator>
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		<category><![CDATA[ricardo pais]]></category>
		<category><![CDATA[sombras]]></category>
		<category><![CDATA[théâtre de la ville]]></category>

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		<description><![CDATA[Il me reste de la lecture de certains poèmes le souvenir d&#8217;un vertige d&#8217;autant plus énivrant que le drame et la beauté jaillissaient d&#8217;à peine quelques mots. Des mots qui en plus se payaient le luxe d&#8217;être étrangement agencés, ce qui nimbaient ces poèmes d&#8217;une aura de mystère&#8230; Dans une large mesure, le spectacle de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Il me reste de la lecture de certains poèmes le souvenir d&#8217;un vertige d&#8217;autant plus énivrant que le drame et la beauté jaillissaient d&#8217;à peine quelques mots. Des mots qui en plus se payaient le luxe d&#8217;être étrangement agencés, ce qui nimbaient ces poèmes d&#8217;une aura de mystère&#8230; Dans une large mesure, le spectacle de Ricardo Pais recrée cette situation assez rare où quelques éléments soigneusement agencés &#8211; six musiciens sur la gauche, une scène en bois surélevée sur la droite où se meuvent danseurs, chanteurs et comédiens, ainsi que de la vidéo et des ombres &#8211; suffisent à créer une atmosphère mêlant à la fois mélancolie, souffrance, beauté brute et sensuelle.</p>
<p style="text-align: center;">&nbsp;</p>
<p><a href="http://jesuisencorevivant.com/wp-content/uploads/2011/04/TUNA_SOMBRAS-2.jpg"><img class="size-medium wp-image-599 aligncenter" title="TUNA_SOMBRAS (2)" src="http://jesuisencorevivant.com/wp-content/uploads/2011/04/TUNA_SOMBRAS-2-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" /></a></p>
<p style="text-align: center;">&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;">Alternant mise en scène de poèmes et de théâtre classique portugais (Fernando Pessoa, Antonio Ferreira, Almeida Garrett) et chansons de fado, Sombras évoque des histoires, des moments historiques et des états d&#8217;âme censés &#8220;raconter une certaine histoire du Portugal&#8221;, pour reprendre les mots du metteur en scène. Toutefois, les histoires et les personnages ne sont qu&#8217;esquissés, et si le spectacle est découpé en plusieurs séquences (&#8220;Yeux troubles&#8221; évoquant des amours perdus ou mal vécus, &#8220;Traffic&#8221; plus politique, ou une séquence flirtant avec le cabaret jazz), le fil qui aurait pu les relier était peu discernable. Ainsi une chanson sur un amour déçu pouvait-il être suivi d&#8217;une scène de danse plutôt militaire suivie d&#8217;un intermède oscillant vers le burlesque et l&#8217;absurde. Si l&#8217;ensemble du spectacle a quand même plusieurs intentions et thèmes récurrents en filigrane, une impression de collage se maintient. Ca peut être perçu comme une faiblesse du spectacle, car celui-ci est déjà relativement difficile d&#8217;accès pour quelqu&#8217;un qui n&#8217;est pas familier avec la culture et l&#8217;histoire portugaises, un peu compliqué à suivre de par la densité des textes dont les sous-titres ne faisaient pas toujours honneur. Si en plus il était difficilement lisible, cela pourrait expliquer le nombre de spectateurs partis en cours de route. Mais cette retenue et cette large place laissée à l&#8217;imaginaire et le ressenti est aussi ce qui fait toute la beauté légèrement mystérieuse du spectacle.C&#8217;est une des très rares fois où la beauté visuelle et musicale était d&#8217;une telle intensité que comprendre ce qui se passait devenait moins crucial. Le fado est en soi une musique fabuleuse, d&#8217;une mélancolie déchirante (la fameuse saudade ?). Mises en valeur par une excellente utilisation de la vidéo et de la lumière, avec le choix judicieux de quelques images évocatrices et l&#8217;utilisation de plusieurs écrans disposés sur toute la profondeur de la scène, ce qui créait parfois une densité extraordinaire (la 3D au cinéma peut se frotter avant d&#8217;atteindre cet effet), les parties chantées gagnaient en émotion et en beauté. C&#8217;est d&#8217;ailleurs un des rares spectacles où je n&#8217;ai pas ressenti l&#8217;utilisation de la vidéo comme un effet de mode ou un ajout superficiel, mais comme une partie intégrante au spectacle, donnant une texture visuelle aux chansons. Il y a aussi la découverte de la beauté d&#8217;une langue, qu&#8217;elle soit orale et musicale, ou qu&#8217;elle soit écrite et d&#8217;une grâce dénuée d&#8217;artifices. Par ailleurs, le spectacle n&#8217;hésite pas à insuffler de temps à autre de l&#8217;auto-dérision et une certaine ironie. Parfois ça apparait assez incongru et manque son effet. Je pense à une scène assez absurde, supposée être drôle j&#8217;imagine, où un duo affublé de casseroles répète des phrases sans queue ni tête (tirées d&#8217;une pièce contemporaine de Jacinto Lucas Pires), qui finalement tombait comme un cheveu sur la soupe. A d&#8217;autres moments, cette légère ironie était intriguante, voire comique. Ainsi d&#8217;une chanson oscillant légèrement vers le jazz où le chanteur donnait une caricature du crooner langoureux.</p>
<p style="text-align: justify;">Au final, ce mélange d&#8217;une beauté protéiforme, d&#8217;émotions diverses incluant parfois la judicieuse intervention de l&#8217;humour, en ne faisant qu&#8217;effleurer les histoires pour laisser la place à l&#8217;imaginaire, donne un résultat théâtral fascinant, tour à tour plongé dans l&#8217;intimité et la détresse des amours déchirés, la sensualité du désir, puis une certaine brutalité ou noirceur.</p>
<p style="text-align: justify;">Si les intentions d&#8217;origine de Ricardo Pais formulées dans le programme et les interviews (revisiter des thèmes récurrents du Portugal, faire une recherche sur la langue) pouvaient difficilement être perçues d&#8217;un point de vue étranger, il reste que son pari de briser les frontières entre différentes disciplines artistiques et de créer un théâtre musical est relevé avec brio. Certes Sombras pâtit de certaines faiblesses qui le rend beaucoup plus exigeant que ce qu&#8217;il devrait être, mais le spectacle reste des plus aboutis dans l&#8217;achèvement de sa proposition artistique, donnant lieu à une expérience théâtrale et musicale originale et excitante.</p>
<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p><object width="480" height="390"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/DUtn3NMd85w?fs=1&amp;hl=fr_FR&amp;rel=0" /><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="480" height="390" src="http://www.youtube.com/v/DUtn3NMd85w?fs=1&amp;hl=fr_FR&amp;rel=0" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
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		<title>Le dodo, de et avec Yannick Jaulin, mise en scène de Laurent Brethome</title>
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		<pubDate>Wed, 16 Feb 2011 15:49:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Moronao</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ce qui a été vu]]></category>
		<category><![CDATA[dodo]]></category>
		<category><![CDATA[theatre du rond-point]]></category>
		<category><![CDATA[Yannick Jaulin]]></category>

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		<description><![CDATA[Le dodo est cet oiseau mythique de l’île Maurice, disparu quelques siècles plus tôt et que Yannick Jaulin réanime de ses cendres pour en faire une sorte de symbole des espèces (et des populations) opprimées. Le dodo est cet oiseau pataud, qui ne sait pas même se servir de ses ailes, qui passe sa vie [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Le dodo est cet oiseau mythique de l’île Maurice, disparu quelques siècles plus tôt et que Yannick Jaulin réanime de ses cendres pour en faire une sorte de symbole des espèces (et des populations) opprimées. Le dodo est cet oiseau pataud, qui ne sait pas même se servir de ses ailes, qui passe sa vie à faire tranquillement le tour de son île en regardant les autres oiseaux voler. Un gentil oisif en somme, un peu comme Maurice, un habitant de l’île, qui revendique son non travail (sublime qualité qui se transmet de génération en génération). Sauf que l’histoire veut que les Hollandais débarquent un jour, et, bien qu’ils qualifient sa chair de « dégoutante », finissent par décimer le dodo.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: center;"><a href="http://jesuisencorevivant.com/wp-content/uploads/2011/02/ExtPassdodo-ea-rs05.jpg"><img class="size-medium wp-image-586  aligncenter" title="Le dodo de Roelandt Savery (1626)" src="http://jesuisencorevivant.com/wp-content/uploads/2011/02/ExtPassdodo-ea-rs05-300x221.jpg" alt="" width="300" height="221" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">L’histoire du dodo donne un prétexte à Yannick Jaulin pour donner un spectacle souvent drôle, oscillant entre l’ode à ceux que la norme méprise parce qu’ils sont faibles ou veut anéantir parce qu’ils sont différents ; et des interrogations sur l’instrumentalisation des symboles et la capacité de chacun à ne pas céder à la pression d’un monde conformisant. Sans doute une des plus jolies qualités du spectacle est la prise de distance de Yannick Jaulin face à son sujet, ne donnant pas une seule version de l’histoire (l’oiseau victime), mais imaginant également l’oiseau devenir une star mondiale happée par son succès.  Il donne la voix à des intervenants imaginaires, entre le pseudo intellectuel et le bon bougre parlant le patois, donnant leur point de vue sur son travail. Plusieurs histoires (dont une absolument géniale sur un Maurice pourtant indolent faisant un pied de nez au diable), plusieurs points de vue se télescopent ainsi, donnant de la richesse au spectacle. Certes en conséquence, ce dernier s’envole un peu dans tous les sens (avec un final que je ne vais pas révéler pour ne pas gâcher votre plaisir, mais que j’ai trouvé incongru car un tantinet grandiloquent, et donc peu en accord avec l’atmosphère globalement joyeuse et légère du spectacle, et parce que s’éloignant trop déjà du dodo). Et certains ressorts comiques ne font pas forcément mouche. Mais il se dégage de Yannick Jaulin une énergie communicatrice, un vrai talent de conteur, et du spectacle un humour festif, ni grossier ni prétentieux, sans chichi mais bien pensé, et les histoires, les « blerk ! » de l’oiseau, le patois, les néologismes (le dodo ne vole pas, il « piète »), les personnages truculents, font tous rire et emportent aisément le spectateur.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">&#8212;</p>
<p style="text-align: justify;">Un site des fans du &#8220;blerk&#8221; : le <a href="http://www.blerkclub.com/spip/spip.php?page=blerk">blerkclub</a></p>
<p style="text-align: justify;">Et des extraits du spectacle :</p>
<p><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="480" height="270" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.theatre-contemporain.tv/video/swf/hAG6li2g" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="480" height="270" src="http://www.theatre-contemporain.tv/video/swf/hAG6li2g" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
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		<item>
		<title>Le Lac des Cygnes, oiseaux disparus et retour au théâtre</title>
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		<pubDate>Thu, 10 Feb 2011 23:53:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Moronao</dc:creator>
				<category><![CDATA[Autres]]></category>
		<category><![CDATA[black swan]]></category>
		<category><![CDATA[des hommes et des dieux]]></category>
		<category><![CDATA[lac des cygnes]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; Ce que les statistiques sur les pratiques culturelles et les analyses sociologiques ne peuvent exprimer sont les chemins parfois sinueux que nous empruntons pour rencontrer une chanson, un livre ou une pièce de théâtre. Je n’ai jamais eu d’attirance pour la musique classique jusqu’à assez récemment. Et voilà qu’au moment où j’écris ces mots, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a href="http://jesuisencorevivant.com/wp-content/uploads/2011/02/Black-Swan-natalie-portman-17392128-2560-1707.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-594" title="Black-Swan-natalie-portman-17392128-2560-1707" src="http://jesuisencorevivant.com/wp-content/uploads/2011/02/Black-Swan-natalie-portman-17392128-2560-1707-1024x682.jpg" alt="" width="655" height="437" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;">Ce que les statistiques sur les pratiques culturelles et les analyses sociologiques ne peuvent exprimer sont les chemins parfois sinueux que nous empruntons pour rencontrer une chanson, un livre ou une pièce de théâtre.</p>
<p style="text-align: justify;">Je n’ai jamais eu d’attirance pour la musique classique jusqu’à assez récemment. Et voilà qu’au moment où j’écris ces mots, les notes du Lac de Cygne résonnent dans ma tête, portés par deux films magnifiques qui, coïncidence, ont utilisé ce morceau : bien entendu, <em><a href="http://www.imdb.com/title/tt1588337/">Des Hommes et des Dieux</a></em>, et <em><a href="http://www.imdb.com/title/tt0947798/">Black Swan</a></em>. Bien que le film de Xavier Beauvois et celui de Darren Aronofsy soient très différents, dans les deux films l’image et la musique parviennent à faire corps pour donner naissance à une même force évocatrice. Elle exprime en quelques instants un tourbillon de sentiments, la foi, la résolution d’esprit, l’amour sans doute pour l’un, la cruauté de la victoire, la gloire et la souffrance pour l’autre, et une beauté dévastatrice dans les deux. Si la beauté est dans les yeux de celui qui la voit, il faut parfois l’aide de personnes tierces pour la discerner, et le truchement de deux films pour se laisser emporter par un morceau de musique.</p>
<p style="text-align: justify;">Et j’étais en train de traîner sur le site de France Inter quand je suis tombée sur cette émission que je ne connaissais pas s’intitulant La tête au carré. Dans les archives, une<a href="http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/lateteaucarre/index.php?id=101040"> émission sur le dodo</a>, cette oiseau de l’ile Maurice aujourd’hui disparu. J’écoute. Je découvre un conteur, Yannick Jaulin. J’apprends qu’il présente en ce moment une pièce sur le dodo au Rond Point. Et je retrouve la joie et l’excitation d’acheter une place de théâtre et d’aller à la rencontre de comédiens sur scène. Au bout de trois mois, enfin !</p>
<p style="text-align: justify;">Sur le chemin oscillant entre science, oiseau disparu et radio, je me retrouve à emprunter de vieux sentiers allant au théâtre. Je vous fais un rapport détaillé dés que la pièce sera vue. En attendant, n’oubliez pas d’écouter la radio et de voir les deux films cités, si ce n’est pas encore fait !</p>
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		<title>Lorsque ciel et terre se rejoignent.</title>
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		<pubDate>Sat, 06 Nov 2010 09:00:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Moronao</dc:creator>
				<category><![CDATA[Autres]]></category>
		<category><![CDATA[ernesto mallo]]></category>
		<category><![CDATA[nostalgie de la lumière]]></category>
		<category><![CDATA[patricio guzman]]></category>

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		<description><![CDATA[Il y a en ce moment sur nos écrans une petite pépite documentaire qui porte le doux nom de « Nostalgie de la lumière ». Dans le désert d’Atacama au Chili, des astronomes ont construit des télescopes surpuissants qui leur permettent de sonder les étoiles et de plonger leur regard dans le mystère de l’univers. Mais pendant [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Il y a en ce moment sur nos écrans une petite pépite documentaire qui porte le doux nom de « Nostalgie de la lumière ». Dans le désert d’Atacama au Chili, des astronomes ont construit des télescopes surpuissants qui leur permettent de sonder les étoiles et de plonger leur regard dans le mystère de l’univers. Mais pendant qu’ils dressent leur tête vers le ciel, des mères, des épouses et des sœurs ont le dos courbé sur la terre où incessamment elles cherchent les ossements de leurs proches disparus durant le régime de Pinochet (1973-1990). Peu de choses semblent rassembler astronomes et ces femmes, les uns tournés vers une pluie d’étoiles dont la beauté est bouleversante, les autres attachées à une terre sèche et impassible qui a connu l’horreur de tortures et d’exécutions. Poussés par une soif de connaissance sur nos origines, les uns promènent leur regard dans l’infini, tandis que d’autres ne connaissent d’infini que leur peine qui les amène à chercher sans relâche des ossements dans une immensité désertique. Mais ce documentaire permet aux voix des uns et des autres de se rejoindre en donnant comme fil conducteur une réflexion pénétrante sur notre relation au passé. Il révèle toute l’ambigüité d’hommes qui n’ont pas peur de pénétrer un passé antédiluvien mais n’ont pas le courage d’affronter leur passé proche ; même si, de la même manière que la lumière d’une étoile nous parvient encore alors qu’elle est morte depuis longtemps, la mort de milliers de personnes sous la dictature continue à hanter les chiliens à travers leur mémoire. Les victimes de la dictature et les étoiles finissent par se toucher lorsque, dans une séquence lumineuse, un ancien prisonnier politique évoque les cours d’astronomie organisé par un codétenu et comment l’observation des étoiles lui a permis de retrouver une forme de liberté. Et le sourire des femmes et leur regard pétillant lorsqu’elles pénètrent dans l’observatoire et regardent à travers un télescope donnent à rêver d’un passé qui n’est plus source de souffrance, mais un lieu où des réponses existent.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p>Ce documentaire rejoint dans une coïncidence un roman que je viens de terminer récemment et qui s’intitule <em>L’aiguille dans la botte de foin</em>. Un roman policier où la dictature militaire en Argentine (1976-1983) nous plonge dans un Buenos Aires noir et suffoquant, où la mort plane à chaque coin de la rue comme elle envahit l’intimité des personnages. C’est le cas de Lascano, ce policier atypique parce qu’intègre dans un système où le mot « justice » est devenu vide de sens, hanté par la mort accidentelle de son épouse, Marisa. Dans un passage empreint d’une poésie poignante, alors qu’il évoque auprès de son ami Fuseli le fantôme de sa défunte femme qui revient nuit après nuit le visiter, celui-ci lui parle des étoiles… :</p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;">« </span><em><span style="color: #000000;">Dis-moi Fuseli, tu crois aux fantômes, toi ?</span></em></p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Le médecin prend son temps pour répondre, il lève les yeux au ciel et pointe son doigt en l’air.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><em><span style="color: #000000;">Qu’est-ce que tu vois ? Le ciel. Et dans le ciel ? Des étoiles. Tu crois que tu vois des étoiles, mais tu te trompes. Arrête de déconner, elle est encore venue me voir cette nuit. Marisa ? Qui d’autre à ton avis ? Bon, tu m’as demandé si je croyais aux fantômes. Et toi, tu te mets à me parler des étoiles. J’y viens. Nombre de ces étoiles que tu penses voir ont disparu il y a des millions d’années. Comment ça, elles ont disparu ? Puisque je les vois. Non mon cher, ce que tu vois c’est leur lumière. Je ne te suis pas. C’est très simple. Voyons voir. Une étoile émet de la lumière, oui ou non ? Oui. La lumière voyage dans l’espace, on est d’accord ? Oui. Une étoile meurt, on est toujours d’accord ? Allez, vas-y. La lumière arrive jusqu’à toi. Oui. Mais l’étoile en question est morte depuis longtemps. Merde. Cette lumière, c’est le fantôme de l’étoile morte. </span></em></p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;">[…] </span><em><span style="color: #000000;">Chaque être, par le simple fait de vivre, émet une radiation qui se projette dans l’espace. Pareille aux étoiles, cette radiation continue de voyager, peut-être même éternellement, même lorsque la personne qui est à l’origine de cette émission a disparu. Marisa est morte, on ne peut pas revenir là-dessus, mais ses radiations continuent de parvenir jusqu’à toi. Et Marisa était un être exceptionnellement radieux. Durant tout le temps où vous étiez ensemble, ton corps a été habitué à recevoir des signaux. Tu es comme un récepteur pour les radiations de Marisa qui continuent d’aller et venir dans ton appartement. Lorsque tout s’éteint, pendant la nuit, lorsque tout est silencieux, lorsque tu es distrait, c’est à ce moment-là que les signaux arrivent, comme la lumière des étoiles mortes. C’est ça les fantômes.</span></em><span style="color: #000000;"> » (p 43-44)</span></p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p>Je n’ai pas de pièces à vous recommander pour cette semaine, mais je vous invite à vous découvrir ce documentaire et ce roman.</p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">« La Nostalgie de la lumière », de Patricio Guzman (Chili), 1 h 30</span></p>
<p><object width="480" height="390"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/Uv00wJLE0XU?fs=1&amp;hl=fr_FR" /><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="480" height="390" src="http://www.youtube.com/v/Uv00wJLE0XU?fs=1&amp;hl=fr_FR" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p style="text-align: justify;"><em><span style="color: #000000;">L’aiguille dans la botte de foin</span></em><span style="color: #000000;">, Ernesto Mallo, Editions Payot et Rivages, Paris, 2009</span></p>
<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><a href="http://jesuisencorevivant.com/wp-content/uploads/2010/11/ernesto-mallo-laiguille-botte-foin-ed-rivages-L-1.jpeg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-592" title="ernesto-mallo-laiguille-botte-foin-ed-rivages-L-1" src="http://jesuisencorevivant.com/wp-content/uploads/2010/11/ernesto-mallo-laiguille-botte-foin-ed-rivages-L-1-185x300.jpg" alt="" width="185" height="300" /></a><br />
</span></p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"> </span></p>
]]></content:encoded>
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		<title>En passant : rencontres entre scientifiques et théâtreux au Palais de la Découverte</title>
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		<pubDate>Sat, 23 Oct 2010 08:59:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Moronao</dc:creator>
				<category><![CDATA[Choses en passant]]></category>

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		<description><![CDATA[Il y a en ce moment un intéressant projet réunissant scientifiques et théâtreux au Palais de la Découverte. Binômes, se propose de faire se rencontrer un(e) scientifique et un(e) auteur(e) de théâtre pendant une heure, rencontre dont des extraits sont montrés au public. L’auteur doit alors écrire une courte pièce pour trois voix dont la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Il y a en ce moment un intéressant projet réunissant scientifiques et théâtreux au Palais de la Découverte. Binômes, se propose de faire se rencontrer un(e) scientifique et un(e) auteur(e) de théâtre pendant une heure, rencontre dont des extraits sont montrés au public. L’auteur doit alors écrire une courte pièce pour trois voix dont la mise en lecture suit la projection de la rencontre. La soirée se clôture alors par un petit débat avec l’auteur(e) et le/la scientifique.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><br />
</span></p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Je n’étais présente que lors de la première soirée et je ne sais pas ce que peuvent donner les suivantes. Mais au-delà de l’idée originale de rassembler sur scène et dans le public deux populations qui à priori ne se confondent et ne se retrouvent pas des masses,  le résultat que j’ai vu jeudi était très intéressant. Cela tenait bien sur à la personnalité de David Lescot (auteur associé du Théâtre de la Ville qui a écrit entre autre L’européenne) et de Valia Voliotis, chercheuse à l’Institut des Nanosciences de Paris, dont les extraits de l’entretien sont parfois drôles, dans la rencontre de deux personnes de mondes radicalement différents, dans la difficulté de rendre compte de théories complexes pour le commun de mortels. David Lescot fait par ailleurs le choix plutôt élégant de ne pas vouloir faire de la vulgarisation scientifique dans sa pièce, mais de réécrire cette rencontre avec autodérision en mettant l’accent sur sa propre difficulté de comprendre le domaine de travail de Valia Voliotis. Texte au final joliment mis en scène par Camille Chamoux qui y rajoute une sympathique touche d’humour. L’ensemble est sans prétention mais fait de manière intelligente, dans un esprit d’ouverture et de curiosité.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><br />
</span></p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Les Binômes ont lieu jusque dimanche dans le cadre de la Fête de la Sc</span>ience.</p>
<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><a href="http://jesuisencorevivant.com/wp-content/uploads/2010/10/cite.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-615" title="cite" src="http://jesuisencorevivant.com/wp-content/uploads/2010/10/cite.jpg" alt="" width="200" height="380" /></a><br />
</span></p>
<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;">&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Strictement amical, de Sylvie Blotnikas, mise en scène de Julien Rochefort, au Poche Montparnasse</title>
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		<pubDate>Fri, 15 Oct 2010 16:46:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Moronao</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ce qui a été vu]]></category>
		<category><![CDATA[julien rochefort]]></category>
		<category><![CDATA[poche montparnasse]]></category>
		<category><![CDATA[strictement amical]]></category>
		<category><![CDATA[sylvie blotnikas]]></category>

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		<description><![CDATA[(Pièce vue précédemment en ces lieux : eh bien c&#8217;était il y a longtemps, 3 ans environ : Les riches reprennent confiance, de Louis-Charles Sirjacq, dans une mise en scène de Étienne Bierry, que je me souviens avoir beaucoup aimé à l&#8217;époque) Gilles et Sophie, la trentaine, semblent former un couple comme tant d’autres et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><em>(Pièce vue précédemment en ces lieux : eh bien c&#8217;était il y a longtemps, 3 ans environ : Les riches reprennent confiance, de </em><em>Louis-Charles Sirjacq,</em><em> dans une mise en scène de </em><em>Étienne Bierry</em><em>, que je me souviens avoir beaucoup aimé à l&#8217;époque)</em><em><br />
</em></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: center;"><a href="http://jesuisencorevivant.com/wp-content/uploads/2010/10/strictement-amical-affiche1.jpg"><img class="size-full wp-image-548  aligncenter" title="strictement-amical-affiche" src="http://jesuisencorevivant.com/wp-content/uploads/2010/10/strictement-amical-affiche1.jpg" alt="" width="284" height="425" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><em> </em></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Gilles et Sophie, la trentaine, semblent former un couple comme tant d’autres et se présentent comme mari et femme, mais il n’en est en fait rien. Il s’avère que suite à une histoire compliquée dont je vous laisse le plaisir de découvrir la substance, depuis plusieurs années ils habitent et s’occupent des enfants de Sophie ensemble, mais en conservant des liens « strictement amicaux » comme l’indique le titre. Toutefois lors d’une soirée organisée par Sophie, au cours de laquelle une comédienne, Julia, va donner une lecture spectacle sur le bonheur, plusieurs rebondissements vont bouleverser leur train-train, qui va donner l’opportunité à Gilles et Sophie de rêver de nouveau, chacun de leur côté, à une aventure sentimentale.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><em><span style="color: #000000;">Strictement amical</span></em><span style="color: #000000;"> s’attache aux difficultés d’un homme et d’une femme à faire face à leurs sentiments et à accepter de nouveau d’aimer. Il se dégage de la pièce un certain charme, qui tient moins aux personnages à la personnalité assez quelconque qu’à l’histoire elle-même et le lent glissement de ses protagonistes vers l’acceptation de leurs sentiments. Mais ça reste une histoire à la structure assez bateau. Certains éléments sont un peu trop évidents, soulignés (par exemple, le sujet de la lecture spectacle est le bonheur, comme par hasard n’est-ce pas). On peut deviner au bout de vingt minutes la fin, pour peu qu’on soit un peu familier avec les comédies romantiques de base, ce qui gâche relativement le plaisir de la pièce. Néanmoins, il y a des moments plutôt sympathiques, essentiellement dus au charisme virevoltant et à la forte présence de Guilaine Londez, dont le personnage de Julia est touchant dans ses contradictions.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">En somme, </span><em><span style="color: #000000;">Strictement amical</span></em><span style="color: #000000;"> est une assez mignonne comédie romantique, dont les principaux attraits sont l’énergie des comédiens, en particulier Guilaine Londez, et l’espèce de charme qui s’en dégage. Mais l’histoire n’en reste pas moins somme toute banale, sans apporter quoique ce soit de nouveau sur le thème galvaudé des relations sentimentales, et la pièce est globalement peu mémorable au-delà de l’assez sympathique petite heure et demie qu’elle nous fait passer.</span></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
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		<title>En clair, pourquoi je n&#8217;écris que des critiques négatives (ou alors modérément enthousiastes) depuis quelques temps</title>
		<link>http://jesuisencorevivant.com/2010/10/15/en-clair-pourquoi-je-necris-que-des-critiques-negatives-depuis-quelques-temps/</link>
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		<pubDate>Fri, 15 Oct 2010 08:43:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Moronao</dc:creator>
				<category><![CDATA[Pourquoi le théâtre et comment la critique]]></category>

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		<description><![CDATA[Pour une fois, je vais écrire comme la spectatrice, et non comme l’apprentie critique. Pour être honnête avec les lecteurs qui s’aventurent ici, j’avoue qu’il y a une part de remise en cause personnelle qui fait que, même si je suis toujours ravie d’aller au théâtre, en ayant conscience que c’est un privilège de pouvoir [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Pour une fois, je vais écrire comme la spectatrice, et non comme l’apprentie critique. Pour être honnête avec les lecteurs qui s’aventurent ici, j’avoue qu’il y a une part de remise en cause personnelle qui fait que, même si je suis toujours ravie d’aller au théâtre, en ayant conscience que c’est un privilège de pouvoir m’y rendre ainsi régulièrement, je suis moins dans l’état d’esprit super enthousiaste où le simple fait d’être face à des acteurs me rendait heureuse.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Il m’est devenu étrange d’aimer et de dire aimer une forme d’art qui me déçoit, ne m’émeut pas plus que ça ou me laisse légèrement indifférente environ quatre fois sur cinq. Alors que je suis beaucoup plus rarement déçue par un roman ou un film. Pour ce qui est de la littérature et du cinéma – que je cite égoïstement parce que ce sont les deux autres formes d’art qui m’intéressent le plus, il me suffit de jeter un œil au réalisateur, à l’auteur, la bande–annonce, la quatrième de couverture, pour me faire une idée généralement assez exacte de ce à quoi m’attendre. Il n’en est rien pour le théâtre, où la plupart du temps, des éléments comme le résumé, les critiques, le metteur en scène et l’auteur, les acteurs, le théâtre peuvent me donner bien entendu une idée, mais ne me diront jamais si je suis susceptible d’aimer la pièce en question. C’est beaucoup plus incertain, aléatoire, ce qui rend les surprises – et malheureusement les déceptions &#8211; d’autant plus grandes. C’est un handicap pour le théâtre, surtout d’un point de vue strictement… économique. Si je suis un spectateur lambda, est-ce que j’ai envie de parier 30 euros sur un machin dont je ne sais absolument pas s’il va me plaire ? Alors que je pourrais dépenser le tiers et voir un film où je suis assez certain de ce qui va se passer ?</span></p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Mais ce n’est pas seulement ça. Je crois qu’il est beaucoup plus rare de se retrouver avec un film insupportable – et encore moins avec un livre qu’on feuillette et dont on lit les premières pages avant de l’acheter. Alors que les probabilités de se retrouver avec une pièce irritante au point qu’on se demande ce qu’on fabrique dans ce fauteuil, sont beaucoup plus élevées. Et c’est d’autant plus éreintant qu’il s’agit d’hommes à quelques mètres de soi, qui parlent, crient, bougent et qui ne peuvent que capter votre attention. Je suis assez capable de faire abstraction devant un écran, même géant, parce qu’il s’agit bien de cela, d’un simple écran, alors qu’entendre une espèce de chant incompréhensible à la fin de deux heures insoutenables de </span><em><span style="color: #000000;">Un Tramway</span></em><span style="color: #000000;">, c’est déjà une forme de supplice.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Il est bien entendu délicat de comparer les trois genres, mais là où le théâtre diffère beaucoup des autres est qu’il est beaucoup plus incertain, de par le fait qu’il est vivant, éphémère et donc différent chaque soir, mais aussi parce qu’il est beaucoup moins prévisible dans un sens. Cette imprévisibilité que je considérais comme une qualité (dans son sens positif) intrinsèque du théâtre, je me dis maintenant qu’il ne s’agit que d’une caractéristique qui rend également beaucoup plus risqué le fait d’aller au théâtre. D’aucuns diront que c’est une belle chose, le propre du théâtre de mettre le spectateur en danger. Certes, certes, et je sais que par exemple, je peux ressentir une émotion intense, un étranglement, un frisson, une profonde empathie, à la fin de A mon âge je me cache encore pour fumer, pièce que j’avais beaucoup aimée lors de la saison dernière. Mais je sais aussi que cette émotion, je ne la retrouverai que de manière incertaine dans une petite quantité de pièces – à moins d’avoir un coup de chance de folie et que je ne choisisse que des pièces qui vont me tournebouler.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">C’est avec ces différents éléments en tête que je vais au théâtre en ce moment. J’en suis là. Je n’ai pas beaucoup de temps libre. Je ne suis pas riche à milliards. Ai-je envie de parier une certaine somme d’argent pour un truc dont je ne sais pas du tout s’il va me plaire et qui en plus court le risque d’être insupportable, alors que je pourrais aller tranquillement au ciné ou lire un bouquin et prendre mon pied avec Woody Allen ou Roberto Bolaño ? Ce qui fait qu’en ce moment, je vais au théâtre moitié avec joie, moitié avec scepticisme, et que s’il y a déception, elle est grande, et que je me mets à écrire des trucs pas cools dans ce blog.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Alors, d’après une personne attentive, je regardais trop de pièces supposément sérieuses et il faudrait peut-être que je change de registre. C’est sans doute ce que je vais m’efforcer de faire dans les prochaines semaines. Mais tout autre conseil de spectateurs, désenchantés ou euphoriques, sont les bienvenus.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"> </span></p>
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		<title>La Cerisaie, d&#8217;Anton Tchekhov, mise en scène de Julie Brochen, au Théâtre National de l&#8217;Odéon</title>
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		<pubDate>Wed, 13 Oct 2010 12:36:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Moronao</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ce qui a été vu]]></category>
		<category><![CDATA[cerisaie]]></category>
		<category><![CDATA[julie brochen]]></category>
		<category><![CDATA[odéon]]></category>
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		<description><![CDATA[(Pièce vue précédemment en ces lieux : Ronde du Carré, mise en scène de Giorgio Barberio Corsetti, que je n&#8217;ai pas chroniquée ici) Sommes-nous confrontés à un certain obstacle culturel avec la Cerisaie ? Je me rappelle avoir étudié lors d’un cours de cinéma japonais, un livre où l&#8217;auteur recommandait dans son introduction d&#8217;oublier plusieurs de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><em>(Pièce vue précédemment en ces lieux : Ronde du Carré, mise en scène de Giorgio Barberio Corsetti, que je n&#8217;ai pas chroniquée ici)</em></p>
<p></br></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: center;"><a href="http://jesuisencorevivant.com/wp-content/uploads/2010/10/La-Cerisaie-au-Theatre-de-l-Odeon_reference.jpg"><img class="size-full wp-image-530  aligncenter" title="La-Cerisaie-au-Theatre-de-l-Odeon_reference" src="http://jesuisencorevivant.com/wp-content/uploads/2010/10/La-Cerisaie-au-Theatre-de-l-Odeon_reference.jpg" alt="" width="319" height="479" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Sommes-nous confrontés à un certain obstacle culturel avec </span><em><span style="color: #000000;">la Cerisaie </span></em><span style="color: #000000;">? Je me rappelle avoir étudié lors d’un cours de cinéma japonais, un livre où l&#8217;auteur recommandait dans son introduction d&#8217;oublier plusieurs de nos habitudes de lecture pour pouvoir pleinement aborder le cinéma d&#8217;Ozu et de Kurosawa. Se rappeler qu&#8217;au Japon, le vide peut avoir du sens &#8211; alors que pour nous il n&#8217;a souvent aucun intérêt, que la relation homme &#8211; nature est différente, que lire de droite à gauche n&#8217;est pas chose anodine&#8230; Et mon prof d&#8217;aller encore plus loin que cet auteur, en nous recommandant d&#8217;oublier ce que nous savions, voire aimions dans le cinéma pour pouvoir saisir enfin la subtilité de l&#8217;image répétée pour la troisième fois d&#8217;un train qui passe dans </span><em><span style="color: #000000;">Tokyo Story</span></em><span style="color: #000000;">&#8230; En serait-il donc de même avec cette pièce écrite par Anton Tchekhov à l&#8217;aube de la révolution russe de 1905 ?</span></p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p><span style="color: #000000;"> </span><br />
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<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Dans </span><em><span style="color: #000000;">La Cerisaie</span></em><span style="color: #000000;">, Lyubov Andreevna revient avec son frère, ses deux filles et ses serviteurs dans le domaine familial, la cerisaie, après cinq années d&#8217;absence. Mais cette cerisaie qui fut autrefois chose assez belle pour même figurer dans une encyclopédie tombe désormais en ruine, comme les immenses vitres vétustes et poussiéreuses qui font l&#8217;assez splendide décor de la pièce. Elle est mise en vente, dans l&#8217;apparente indifférence de ses propriétaires. Alors même que le domaine lentement s&#8217;effondre et s&#8217;échappe de leur emprise, la vie des différents personnages leur file entre les doigts, paralysés qu&#8217;ils sont dans l&#8217;amertume et la passivité. La fille de Lyubov, Varya, voudrait se marier avec Lopakhin, un moujik (une personne de basse classe sociale) devenu riche, mais ce mariage qui reste en suspens pendant toute la pièce ne se fait pas. Lyubov Andreevna repense à ce mari malade qui a dilapidé son argent et qu&#8217;elle a abandonné à Paris, sans se résoudre à répondre aux télégrammes que celui-ci lui envoie pour la supplier de revenir. Et même quand ces personnages semblent vouloir réagir, ils ne font que brasser de l&#8217;air, ainsi de l&#8217;éternel étudiant Trofimov qui dans un monologue passionné sur leur impuissance, agite des bras de manière quasi hystérique, s&#8217;exclame, trépigne, mais sa voix trop éreintée ne porte pas et il n&#8217;y a que la jeune et naïve Anya pour l’écouter.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p><span style="color: #000000;"> </span><br />
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<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">L&#8217;action n&#8217;existe pas dans cette pièce où le seul pic de tension pourrait-on dire est le moment où Lopakhin, le fils et le petit-fils d&#8217;hommes qui ont servi la famille de Lyubov Andreevna, révèle avoir acheté la cerisaie, dans une forme d&#8217;ironie non dénuée d&#8217;intérêt. Peut-être pourrait-on dire qu&#8217;il n&#8217;y a pas, plus précisément, d&#8217;action progressive, comme nous avons plus l&#8217;habitude. Mais ce qui m&#8217;a laissée le plus perplexe et relativement indifférente à ce qui se passait sur scène, est que la tragédie est trop, beaucoup trop, sous-jacente. Alors même que l’on perçoit la tragédie d&#8217;une famille aristocratique incapable de réagir face à la perte de ses terres et qui conduit à sa propre déchéance, le caractère tragique de cette situation n&#8217;est pas montré. Au contraire, s&#8217;installe une sorte de languissante atmosphère, qui certes est en phase avec l&#8217;attitude passive de Lyubov Andreevna et son frère Gaev, mais qui contribue également à créer une espèce de torpeur passablement ennuyeuse pour le spectateur. On ne sait par ailleurs si dans cette passivité, Lyubov et Gaev ne sont pas conscients de ce qu&#8217;il leur arrive, comme s&#8217;ils étaient incapables d&#8217;imaginer un monde autre que celui dans lequel ils ont toujours vécu, ou si au contraire ils sont conscients de leur déchéance et la regarde survenir avec indifférence ou, ce qui aurait un sens radicalement différent, avec résignation, ou attendent simplement de prendre la fuite sans s&#8217;y résoudre. Les rouages de leur comportement restent un point d&#8217;interrogation dans cette pièce d&#8217;où ne transparait qu&#8217;une langueur nostalgique, une longue complainte (accentuée par le côté déclamatoire plaintif de certains acteurs relativement irritant à la longue) et la sensation de tourner en rond pour aller nulle part &#8211; ainsi qu&#8217;exprimé dans le néanmoins ingénieux dispositif scénique où la scène se met à tournoyer, créant la jolie image de personnages statiques tournant en cercle, leurs meubles solitaires tournant également autour d&#8217;eux. Là où j&#8217;y vois plutôt comme une source d&#8217;ennui, serait-ce là au contraire l&#8217;originalité de la pièce ? L’idée de cette tragédie à peine évoquée, de cette atmosphère languissante et passéiste jusqu’à l’ennui, l’oisiveté des personnages pendant qu’ils s’adonnent à leurs « fantaisies égocentrique »*, seraient apparemment d’après ce que je lis à droite à gauche et dans ma bonne vieille bible théâtrale*, l’intérêt même de cette pièce. J’hésiterais malgré tout à dire que c’est alors une affaire de goût, ou que la pièce est trop difficile à toucher un public non russe, et j’aurais espéré que dans ce cas la mise en scène rende la pièce plus accessible. Mais plusieurs éléments qui auraient pu être source de comique dans la pièce, et donc l’animer un tantinet, sont totalement passés à la trappe, comme l’obstination du vieux serviteur à réchauffer Lyubov sans y parvenir, ou encore les tours de magie de la froide et détachée de Charlotta. Mais leur potentiel comique passe inaperçu ou s’intègre mal dans la pièce – notamment, lorsque vers la fin Charlotta apparait avec un masque type arts premiers et fait cérémonieusement et dans le silence le plus total un tour de magie, la séquence apparait plus comme un cheveu sur la soupe qu’autre chose.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p><span style="color: #000000;"> </span><br />
</br>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Ainsi même si peut-être cette atmosphère mourante, cette langueur sont cohérents avec le projet de la pièce, j’aurais espéré de la mise en scène qu’elle la redynamise en quelque sorte (si je puis dire…), sans quoi le spectateur se traine d’ennui avec autant de morosité que les personnages.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><em>*The Wadworth anthology of drama, W.B. Worthen</em></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
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<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="450" height="281" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://culturebox.france3.fr/player.swf?video=28225" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="450" height="281" src="http://culturebox.france3.fr/player.swf?video=28225" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p><a href="http://culturebox.france3.fr/all/28225/julie-brochen-monte-la-cerisaie-de-tchekhov-avec-jeanne-balibar-a-l_odeon" target="_blank">Découvrez <strong>Julie Brochen monte &#8220;La Cerisaie&#8221; de Tchekhov avec Jeanne Balibar à l&#8217;Odéon</strong> sur Culturebox !</a></p>
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